Ni Dieu ni maître

Dans la courte bibliographie d’astrologie de ce blog, j’ai cité un livre d’Atalane que je trouve assez merveilleux. Ces interprétations des nœuds lunaires et de leurs mouvements sont une source inépuisable d’inspiration.

Ce livre a été pendant longtemps ma bible en astrologie, et quand on décrète une bible, c’est forcément que quelque part on a créé un Dieu. Oh ! Grand Dieu Atalane ! Grand Dieu de l’Astrologie, sur quel piédestal vous avais-je hissé ! Milles excuses !

La semaine dernière, j’ai lu dans ce même livre les interprétations des thèmes de personnes. Je ne l’avais pas fait avant, ou en survol rapide. Je lis rarement les interprétations des thèmes dans les bouquins d’astrologie. Je ne les lis presque jamais d’ailleurs. Lire une interprétation sans avoir la personne vivante en face de moi me donne une impression de me mettre des œillères pour découvrir un individu. Je n’aime pas trop cela.

Mais là, j’avais envie de flâner sur la pensée d’Atalane sans trop m’ impliquer dans une démarche d’étude. Et qu’ai-je découvert…

Autant le chercheur en astrologie me plaisait, autant l’interprète thérapeute était chargé d’un pessimisme et d’une lourdeur dans le jugement que je ne pouvais accepter. Je lisais et mon cœur disait NON ! Ce n’est pas possible, comment peut-on à ce point pousser le raisonnement vers le scénario du pire sans aller chercher les clés plus en profondeur. Je me souviens particulièrement de l’interprétation d’un thème d’une jeune femme qui s’était suicidée, et on aurait dit que la lecture du thème avait pour but d’expliquer et de justifier cet acte désespérant ! Pourquoi ? Pourquoi à ce point justifier le suicide par l’astrologie ?

NON ! NON ! Et NON ! Je voyais pleins d’autres indices, plein d’autres mots qui aurait pu accompagner la lecture de ce thème vers une dimension plus noble et plus porteuse d’espoir et de solution. Je me disais au fond de moi, comment peut-on être aussi génialement inspiré d’une compréhension sans égale des chemins de vie, et en même temps laisser notre cœur se tourner vers les indices d’échec au lieu de regarder les potentiels de réussite ? Comment ? Est-ce le réalisme qui veut cela ? Est-ce la lucidité de l’astrologue ? Ou est-ce que, a contrario, je manque de lucidité en identifiant et repérant exagérément et naïvement les indices potentiel de réussite ?

Je me suis posé la question, vraiment.

Devrais-je me ranger du côté des « réalistes » qui, à la lecture des facteurs « négatifs », les trouvant supérieurs en puissance aux facteurs « positifs », concluent à une vie désespérante ? Est-ce que l’honnêteté en astrologie devrait nous conduire à cela ? Faut-il à un moment dire aux consultants, « Vous avez une vie de merde, c’est normal et cela ne changera pas ! » Qui sommes-nous pour prendre cette responsabilité ?

La lecture des thèmes astraux des grands hommes de l’histoire fait pourtant apparaître de très grandes difficultés à surpasser ! Alors, est-ce que les grands hommes ont totalement manqué de réalisme dans leurs vies ? Est-ce que réussir sa vie est un accident statistique ? Est-ce que transcender nos difficultés est une erreur indéfinissable, imprévisible, impossible à reproduire, bref une bavure scientifique ? Est-ce que la joie et le bonheur sont des miracles réservés à une élite ?

Ou bien nous aurait-on conditionné à croire cela ? Serions-nous tellement empêtrés dans notre vie et nos systèmes de pensées que l’on préférerait donner raison à une triste fin prévisible, plutôt que de prendre en main une vie géniale qui demanderait quelques dépassements à réaliser ?

Je n’ai pas la réponse.

Mais je peux faire un choix, et je fais celui de regarder la plus belle façon qu'un être humain a de construire et vivre sa vie !

Exercez votre discernement. Ne prenez pas ce qui est écrit comme parole d'évangile. Interrogez-vous intérieurement pour ressentir ce que vous lisez. Avant de commenter cette page, vous êtes invité(e) à prendre connaissance de la ligne éditoriale dans les mentions légales.

Commentaire

Ni Dieu ni maître — 19 commentaires

  1. Bonjour Tristan,
    Vous soulevez un point essentiel qui est celui de l’interprétation du thème astral et de l’astrologie en général.
    L’astrologue a une grande responsabilité face au consultant , qu’il devrait assumer en ayant CONSCIENCE qu’il a devant lui un être humain en questionnement,parfois en état de fragilité…
    L’astrologie n’est pas faite pour asséner des vérités, mais me semble y-il pour se comprendre, nous comprendre sur un plan symbolique qui permet justement une distanciation et donc une évolution personnelle…
    C’est tout à fait ce que vous faites en mentionnant sur votre site « ne prenez pour argent comptant… », par votre sens des nuances et votre bienveillance naturelle
    Vos articles sont toujours justes et dynamisants
    Bonne journée Tristan et merci de ce positionnement qui rassure
    Eliane

    • Bonjour Eliane,
      Merci pour ce commentaire. Je n’ai pas trop eu le temps de m’occuper des commentaires ces derniers jours. Je suis ravi de lire le vôtre. Ce que vous exprimez est en accord avec ce que je pense.
      Je suis plus modéré aujourd’hui parce que je me rends compte que l’on peut se passionner pour l’astrologie sans être accompagnant de vie. Il y a des gens qui cherchent, étudient et pour autant n’accompagne pas. Leur position d’astrologue est plus une position de donner de l’information sans avoir à gérer comment l’autre la reçoit. Je ne pratique pas comme cela, mais il m’arrive de recevoir des personnes qui attendent cela et ne posent pas de questions.
      En fait je crois qu’il est important de préciser qui on est et comment on travaille pour que tout le monde trouve son bonheur.

  2. Bonjour Tristan,

    Comme toujours, cet article est plein de vérités et de modestie.
    Je ne peux pas répondre à votre question soulevée. Mais simplement apporter un petit témoignage en tant qu’astrologue.
    Lorsque j’ai débuté, il y a une trentaine d’années, lors de mes premières consultations je me souviens très bien de la véritable fascination qu’exerçait sur moi les thèmes « difficiles ». Cette foison de traits rouges, de carrés et d’opposition me mettaient en appétit, tout plutonien que je suis. Il y avait une sorte d’excitation à aller creuser et fouiller cet univers que j’avais devant les yeux. J’en oubliais l’essentiel : l’être qui portait ce thème en lui.
    Fort heureusement pour moi, et surtout pour les personnes que je recevais, et à la faveur d’un travail intense sur moi, j’ai peu à peu quitter cette disposition d’esprit et suis passé « à la concurrence » en quelque sorte, avec une certaine tendance à vouloir gommer les difficultés, à faire en sorte que le rouge soit un peu moins rouge, le carré un peu plus rond qu’il n’était et l’opposition devint collaboration.
    Il me fallait équilibrer tout ça je pense. Grâce à ma profession d’accompagnant, hors de l’astrologie, j’ai appris ce que j’appellerais une sorte de « bienveillance lucide » qui permet d’éclairer mais sans aveugler, tout en restant centré sur la personne, afin qu’elle ressorte de l’entretien, si possible, avec le ressenti profond qu’elle possède toutes les armes, toutes les ressources déjà en elle, cette merveilleuse certitude que oui, on va grandir et que, de plus en plus, on saura relever les défis avec courage rien qu’en allant puiser à notre Source intérieure.
    On ne peut répondre à votre question qu’en se rappelant que les astrologues aussi ont leur propre thème, que tout astrologues qu’ils sont, ils peuvent être de grands techniciens de l’astrologie, posséder une énorme culture et pour autant faire de piètres accompagnants, être handicapés sur le plan relationnel, faire preuve de dureté, d’insensibilité.
    Il faudrait voir l’astrologie non pas comme une technique, un art (encore moins divinatoire bien sûr), une science, que sais-je encore. Il faudrait l’envisager comme un véritable et vaste domaine. On y trouverait des chercheurs, des écrivains, des poètes, des artistes, des enseignants, des thérapeutes, etc…Chacun ne pouvant tenir le rôle de l’autre. Ces rôles seraient tenus en fonctions des dispositions de chaque « astrologue ».
    Cela permettrait que chacun puisse donner le meilleur de lui-même dans sa partie, évitant ainsi les bourdes, les énormes erreurs que peuvent faire certains en assénant des vérités définitives à des âmes en détresse.

    Voilà Tristan ce que j’avais envie de dire après avoir lu votre bel article.

    Bien amicalement

    Fred

    • Bonjour Fred,
      Je suis bien d’accord avec vous. L’astrologie est un vaste domaine où l’on peut trouver des statisticiens et des accompagnants de vie. Deux approches qui n’ont rien à voir. Et même pour ceux qui font de l’astrologie en interprétant des thèmes de naissance, la notion d’accompagnement n’est pas forcément au coeur de leur approche. Certains font une lecture du thème et cela s’arrête là.
      Il y a de multiples façon d’être astrologue. Je me définis plus comme accompagnant utilisant l’outil de l’astrologie que comme astrologue ce qui pour moi est trop vgue.
      Merci pour ce partage, cela me fait plaisir d’avoir ce bel échange.
      Bien amicalement aussi
      Tristan

  3. Bonjour Tristan,
    peut être une réponse, la peur, l’humanité souffre de la peur. pourquoi se souvient on des évènements tragiques plus que des joies, la peur. Moi aussi lorsque je lis des livres d’astrologie , je suis estomaquée de l’interprétation négative que donne beaucoup d’auteur. par exemple noeud sud en maison un, on est super égoîste, égocentré, en maison 2 nous sommes très matérialiste etc….. lilith ancienne déesse atlante point négatif du thème etc…..que dire d’un carré mars pluton mort violente; peut être qu’autrefois il y avait un fond de vérité, la destinée était plus déterminée par les astres, peu d’homme pensait, mais aujourd’hui l’humanité commence à penser et à réflèchir et utilise enfin son libre arbitre. les nouveaux astrologues doivent créer une nouvelle astrologie plus en phase avec l’âge nouveau.
    cordialement
    CHRISTY

  4. Une personne avertie en vaut deux ! Il peut être déroutant de découvrir des configurations difficiles révélées par un thème, mais il n’y a pas de déterminisme sur la durée d’une vie entière… Non ? !!! La question que je me pose ; peut on arriver à transcender quelques unes de ces configurations difficiles et ne plus être en adéquation avec son propre thème à un âge avancé ? …..!!

    • Bonjour Bohémie,
      Oui vous le pouvez. Vous pouvez voir la partie de vous-même qui vous tracasse et vous appuyer sur sa construction positive plutôt que sur ces aspects destructeurs et négatifs.

  5. C’est vraiment bien dit. J’hallucine aussi en voyant le déterminisme de certains astrologues: « vous avez telle planète à telle endroit avec tel aspect? Il en est fini pour vous ».

    Avoir de la distance vis à vis du thème et aider la personne à qui on fait son thème astral à voir plus claire en elle, voilà le principal. Quand l’avenir n’existe pas et que seuls les fils du présent compte, mieux vaut en offrir des positifs, plein de lumière, plutôt que des fils d’ombre 🙂

    L’habit n’en deviendra que plus beau.

    Je suis vraiment heureuse de lire un astrologue qui a cette liberté de coeur.

    Merci

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