Pourquoi la psychanalyse ne guérit pas durablement

Pentacle, homme et astresDans un échange de messages que j'ai eu avec une personne qui fait son chemin à travers la psychanalyse et l'astrologie, j'ai émis des réserves sur les thérapies qui ne prennent pas en compte la dimension sacré de l'être humain.
Je suis souvent critique à l'égard de la psychanalyse traditionnelle (freudienne ou lacanienne) dans sa finalité à cause de sa rigidité sur le plan spirituel. Il lui manque pour moi une dimension qui ouvre la voie de l'espérance. C'est une bon outil pour voir et identifier nos traumatismes et les faire ressortir. Si on s'arrête là, on reste coincé dans des sentiments négatifs sans espoirs.

C'était le sujet de la discussion avec cette personne et son dernier message m'a permis de comprendre ce que je n'aime pas précisément dans la thérapie par la psychanalyse : la jouissance de l'ego dans la colère. Cette personne disait que la psychanalyse "...sollicite la colère celle d'hier, la haine parfois très saine favorisant l'ouverture d'émotions destructrices."

Ces mots que je choisis hors d'un contexte plus large ne reflètent pas cette personne dans sa globalité. Ne la jugeons pas sur ces mots, ce n'est pas le sujet. Ces mots révèlent pour moi l'impasse des thérapies athées. C'est cela que je trouve intéressant ici.

Je pense profondément que la guérison durable de l'être humain a besoin de compréhension, de douceur, d'amour et d'apprendre à aller trouver en soi des émotions positives plus que des émotions négatives. Lorsque l'on a souffert, été maltraité et que l'on apprend à peine à reconnaître dans une thérapie que l'on n'est pas fautif, que d'autres ont abusé de leur pouvoir sur nous, il est normal que la colère et la haine émergent. Il faudrait être un saint pour traverser de telles épreuves sans être ébranlé ni manifester de sentiments négatifs.
La colère et la haine aide à transformer le désespoir et l'apathie en action de révolte contre l'injustice. Mais après?

Si on ne croit en rien de sacré dans l'être humain, si rien ne nous relie avec une responsabilité d'âme plus élevée que l'encadrement de notre petite vie de la naissance à la mort, on ne peut que rester les victimes d'un lourd passé sans autres satisfactions que de jouir de sa haine pour chasser ses démons dans un sentiment de surpuissance dont l'ego se nourrit sans cesse.
Les thérapies athées n'ont pas beaucoup d'autres alternatives. Une fois le mal identifié, une fois entendu que l'on a été la victime de tels ou tels maux dans l'enfance, comment retrouver la joie de vivre et la dignité si on reste persuadé que l'on est tombé sur les mauvais parents, les mauvais éducateurs, le mauvais bougre qui nous a harcelé. On a le choix entre la déprimante sensation que le monde est profondément injuste de nous avoir mis dans les mains de ces mauvaise personnes, ou la déferlante de sa propre colère. Que l'on déprime ou que l'on ne décolère pas, tous nos petits malaises, tous nos problèmes, toutes nos incapacités, toutes nos souffrances du présent deviennent la faute du passé et rien ne change.

Je ne crois pas à cet état de victime. Je suis profondément persuadé que nos vies sont multiples, que nous choisissons nos vies pour en apprendre quelque chose et que notre responsabilité d'être humain est d'accepter avec humilité d'avoir eu besoin de leçon parfois difficiles, troublantes et violentes pour ouvrir notre conscience.

C'est cette conviction profonde qui m'a ouvert à l'astrologie et non l'inverse. L'astrologie, quand on l'étudie en profondeur, nous renvoie toujours à l'essence de notre être et à notre responsabilité d'âme, ce qui est pour moi, la voie essentielle si l'on veut guérir et faire son chemin vers un bonheur durable.

L'astrologie n'est pas en soi une thérapie, c'est un outil de connaissance qui ouvre la voie à une compréhension de soi si profonde que l'on peut, avec du courage et une vraie volonté de comprendre, sortir de l'alternative de la dépression et de la colère en redonnant du sens à nos vies.

C'est mon opinion. Et vous, qu'en pensez-vous ?

Exercez votre discernement. Ne prenez pas ce qui est écrit comme parole d'évangile. Interrogez-vous intérieurement pour ressentir ce que vous lisez. Avant de commenter cette page, vous êtes invité(e) à prendre connaissance de la ligne éditoriale dans les mentions légales.

Commentaire

Pourquoi la psychanalyse ne guérit pas durablement — 8 commentaires

  1. Bonjour,
    je ne suis pas du tout d’accord avec ce regard sur l’analyse. Pour en pratiquer une depuis quelques temps déjà, je crois sentir que toute analyse de soi « efficace » (je n’aime pas ce mot, mais il défini rapidement peut être) ne peut être possible sans amour. Tout le travail de Lacan parle de cette relation d’amour. Il y a entre un thérapeute et son patient une relation d’amour (et non amoureuse) que chacune des deux parties tisse au fil du temps avec l’autre. Cela demande du temps et de l’engagement d’un côté comme de l’autre. Je crois que c’est ce que vous faîtes en temps qu’astrologue. Je crois que c’est ce travail délicat que nous bâtissons en analyse. Ce n’est qu’à travers un regard, une écoute aimante, que nous pouvons « soigner » nos blessures. C’est à dire que notre langage devient aimant lui aussi. Mais dégagé tant que faire se peut d’affect « privé » (c’est là qu’intervient la notion d’argent; l’analyste travail sur son détachement tout au long de la thérapie. le patient « plonge » dans le transfert affectif pour s’en détacher ensuite).
    Là est toute la subtilité et la difficulté de ce métier. Et le vrai travail sur soi que le patient doit effectuer. La question du sacrée ne peut donc être exclue de l’analyse. L’objet de l’analyse étant ce qui est créé entre l’analysant et l’analyste. Cet objet est créé sur un rapport de confiance à soi et en l’autre, réciproque. L’essentiel étant de sentir la confiance en cet autre. Et comme dans toute histoire d’amour de quelque nature que ce soit, de rencontrer la personne juste pour ce chemin et de se mettre en route si nous ne la rencontrons pas immédiatement.
    La psychanalyse ne s’arrête pas lorsque l’on se reconnait comme victime. Se reconnaitre comme victime et cet endroit que vous appelez la jouissance de l’ego dans la colère n’est que le début d’un très long chemin de réhabilitation de soi. Et de paix. L’analyse a pour moi cela de magnifique dans ce monde où nous vivons. C’est qu’elle incite à prendre le temps. Elle est à l’opposé des thérapies brèves qui « grand manie tout » répondent aux problèmes en quelques mois. Une analyse se fait sur des années. Elle n’est pas rentable. C’est un chemin d’interrogation constante qui ne réponds à rien mais transforme notre regard sur le monde.
    Je pense que l’analyse n’est peut être pas le chemin de tout un chacun. Comme l’astrologie ne peut être le chemin de tout un chacun. Il est dangereux de croire qu’une méthode ou une idéologie est « efficace » pour tous. Elle est une proposition. Et en ce qui me concerne, elle a transformé et continue de transformer ma vie. En y ayant rien changé. Et je prends un grand plaisir à lire vos textes et vos analyses. Une voie n’en exclu pas une autre.
    Bien à vous,
    Camille

    • Bonjour Camille,
      Je suis content que ce texte ait fait sortir votre plume de l’ombre et j’espère que y reviendrez avec vos belles convictions exprimées avec intelligence et douceur.
      Je penses qu’on est a peu près d’accord sur tout si on change un mot par un autre. Votre vision de l’empathie dans la relation d’aide, je la partage tout a fait. Un accompagnant à ce devoir d’empathie profond. Que l’empathie soit là ou pas tient plus de la personne que de la pratique. Je suis d’accord aussi sur la nécessité du temps pour changer en profondeur quand on aborde les gros dossiers d’une vie. Cela tient cette fois a la notion de thérapie qu’elle soit liée a la psychanalyse ou à une autre pratique.
      Votre commentaire parle pour moi plus de la relation d’aide et de la qualité de celui qui aide que de psychanalyse. Il y a des gens biens partout et qui ont compris l’accompagnement avec des outils divers que ce soit la psychanalyse ou l’astrologie.
      La psychanalyse n’a pas le privilège de la compréhension de ses compréhension.
      Quand je parle de la psychanalyse dans mon article, ce n’est pas par rapport à des individus, mais par rapport à un postulat de départ. Je pourrais être très virulent si je devais parler de l’astrologie en parlant des astrologues. C’est souvent du grand n’importe quoi. Je pense qu’il ne faut pas confondre un domaine du savoir et les praticiens qui l’utilisent.
      Mon article parle de l’absence du sacré dans la psychanalyse en tant que domaine de savoir thérapeutique et des travers de cette lacune. Votre analyste à certainement une ouverture d’esprit qui dépasse ce qu’il a appris de Lacan ou de Freud. Il n’empêche que la psychanalyse en temps que science humaine athée ne peut replacer un individu dans un contexte sacré pour lui faire comprendre le sens profond de ses expériences. Un psychanalyste le peu, mais là il ne fait plus de la psychanalyse mais un peu d’astrologie. 😉

  2. Bonsoir Tristan,
    Je suis tout à fait d’accord avec toi. La violence d’ou qu’elle vienne,quand on la subit parce qu’on ne peut pas faire autrement, peut amener à des souffrances qui semblent être « nous « .Mais c’est une méprise.
    En se désolidarisant de cette violence ,en comprenant que cette violence ne nous appartient pas ,qu’on l’a partagé de force,mais que ce n’est pas nous ,et que nous ne sommes en rien coupable.Alors seulement on peut « sortir de l’alternative de la dépression et de la colère en redonnant du sens à nos vies » et avec les Bonnes Personnes.
    Je t’embbrasse trés fort
    Louisette

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