L’effondrement de la civilisation… de l’ego ?

Il est difficile d’échapper depuis quelques années, voire quelques décennies, à l’ambiance de fin du monde que l’industrie du cinéma et la presse nourrissent. L’imagerie de guerre civile et de destruction du tissu social à la Mad Max ou Blade Runner est devenue, insidieusement, à force de répétition, une iconographie habituelle dans les grandes villes. Des policiers suréquipés et protégés par des coques, déguisés en méta-humains mi-insectes mi-robots, sillonnent les rues à côté de jeunes gens qui se « déguisent » en victimes de guerre civile, portant des vêtements troués et déchirés, aux genoux et aux jambes, comme s’ils sortaient d’un combat de rue d’une extrême violence. Cette étrange mode ne s’arrête pas. Elle s’amplifie. Les trous et les déchirures s’agrandissent, ne laissent parfois plus rien de la fonction d’un habit sensé nous protéger. La « déglingue » devient une conscience sociale exprimée par le vêtement. Les jeunes expriment la guerre sociale dans laquelle ils se trouvent être sans doute les premières victimes.

L’effondrement de la civilisation, nous y allons tout droit. Les indicateurs sont au rouge depuis des années. Pour Pablo Servigne, la question est juste quand et comment sur un temps maintenant relativement court. Lorsque l’on s’intéresse à ces sujets dans leurs formes scientifiques ou sociologiques matérialistes, il y a un risque pour l’état mental, à les aborder sans un ancrage fort. Pablo Servigne a cette conscience très ancrée et c’est pourquoi je relaie cette information aujourd’hui de manière confiante. Il est rare d’entendre autant de clarté et de lucidité sur l’état du monde avec une conscience lumineuse qui ne sombre pas dans le cynisme et le désespoir. Pablo Servigne est une belle personne. Son regard franc et son sourire naturel font du bien.
Il semblerait qu’en ce moment, il y ait de plus en plus de scientifiques et de chercheurs qui arrivent au bout du bout de leurs analyses et recherches, avec leurs outils d’observation matérialistes, et qui en viennent à s’ouvrir naturellement à une conscience humaine ou spirituelle.

Un des passages les plus significatifs de l’interview concerne cette conscience de la nature humaine. Est-elle bonne ou mauvaise ? Le débat entre Voltaire et Rousseau revient à la charge. D’un côté, l’interviewer qui intervient avec une forme de désillusion et de mépris de la nature humaine, voyant des meutes d’enragés et de zombies, craignant que l’effondrement de la civilisation n’aboutisse à une vision apocalyptique, sert la cause de Voltaire. De l’autre, Pablo Servigne nous fait prendre conscience qu’en cas de stress extrême, l’être humain se réveille dans sa conscience et fait preuve d’empathie, de collaboration et d’altruisme. Il le sait de par son travail de recherche et non selon son opinion. C’est là tout l’intérêt de cette interview. Celui qui a étudié sa vie durant les scénarios du pire nous explique que Mad Max est une fiction. La nature de l’homme est la collaboration et l’empathie, mais il lui faut un électrochoc pour réveiller cette nature.

C’est ici que se situe le point de bascule de cette interview. Soit nous continuons à nous désespérer de la nature humaine en nous nous nourrissant des images apocalyptiques dont nous sommes abreuvés, soit nous allons chercher plus loin et au fond de nous la conscience de la nature qui nous unit. Et dans ces temps de fin d’un monde, il est de plus en plus important de nous préparer à aligner notre conscience et à nous ancrer sur ce qu’est la nature profonde de l’humanité.

Pablo Servigne évoque un chercheur en collapsologie (science de l’effondrement des systèmes) qui a abandonné ses recherches pour s’engager dans une démarche spirituelle. Pourquoi quelqu’un, qui étudie l’effondrement de notre civilisation et prend conscience qu’il devient inéluctable, prend-il cette voie ? On peut penser qu’il s’agit d’un déni de réalité, une fuite. Je ne le crois pas du tout. C’est un parcours spirituel.

Pablo Servigne, en tant que personne, est d’une douceur qui montre une nature apaisée avec le travail d’étude et de recherche qu’il a fait, quand bien même celui-ci lui « prédit » un effondrement de notre civilisation plutôt anxiogène. Il évoque son processus de plusieurs mois de prise de conscience sur la réalité du monde qui l’a amené à la déprime, tellement l’information retourne l’estomac quand on la découvre. J’ai vécu ce processus d’intenses recherches et de chocs émotionnels multiples et répétés il y a quelques années. J’alternais entre des moments de recherches compulsives et des phases de sommeil pour intégrer, et parfois des moments de déprime. A un moment, j’ai eu à faire le choix entre la peur et l’amour, l’ombre et la Lumière. J’étais allé tellement loin dans un besoin de comprendre la face sombre de notre monde que je m’étais mis sur cette fréquence. Un jour où je lisais une étude sur un plan des puissants de ce monde, je me sentis mal. Il ne s’agissait pas du malaise des chocs émotionnels où nous encaissons et sommes fatigués le temps d’intégrer les déflagrations internes que provoquent les prises de consciences. Il s’agissait d’une énergie lourde et sombre à laquelle je me trouvais connecté dans cette quête de vouloir comprendre le pire d’une réalité sans espoir.
Je pris conscience de cette énergie dans l’instant et décidais de m’en couper définitivement. Je brûlais le livre page après page dans un rituel d’épuration. Je pris à ce moment-là la décision d’œuvrer pour la conscience de l’amour et de cesser de nourrir la peur. Ma vie, depuis, ne cesse d’être plus belle. C’est un parcours de tous les jours. Une promesse à renouveler à chaque instant. Cette expérience m’a appris à écouter ce que je ressens au-delà des mots pour capter l’énergie qui en émane.
J’ai pris conscience que l’énergie avec laquelle nous diffusons une information ou faisons quoi que ce soit est capitale. On peut soit soulever des énergies sombres, ce qui attire beaucoup de public, soit chercher à mettre de la lumière et de l’amour en toute chose, ce qui exige un éveil de conscience pour être entendu et pour trouver l’intérêt de l’information sous cette lumière là.

C’est ce que je cherche à transmettre à travers l’astrologie. L’astrologie a été beaucoup utilisée pour soulever des ambiances de peur, des images morbides, de la culpabilité alors que cela n’a rien de nécessaire. On peut être conscient de soi, du monde, avoir les yeux ouverts, sans nourrir la peur.

Dans cette interview de Thinkerview comme dans celle sur comment améliorer le monde sans nourrir la peur, vous allez retrouver l’interviewer qui se fait l’avocat du diable et cette opposition entre le cynisme et la confiance, entre l’amour et la peur. La culture de Thinkerview les rend probablement cyniques ou sceptiques sur la nature humaine. Ils jouent aussi un rôle, et parfois  très consciemment jusqu’à forcer le trait, pour que nous puissions entendre nos propres egos peureux commenter à voix haute les faits importants de notre réalité. Ecouter cette interview et écouter en nous la peur ou l’amour se nourrir est un très bel exercice.

Ce qui se prépare à l’effondrement, c’est la civilisation de l’ego construite sur la loi du plus fort, sur l’indifférence, la compétition, le besoin d’accumulation, la peur du manque. Il est probable que cet effondrement passera par des ajustements difficiles à vivre, parce que nous allons devoir tout reprendre à zéro et que nous ne le ferons pas volontiers si notre château de cartes ne se trouve pas à terre. Difficile de vivre aujourd’hui comme nous serons appelés à le faire demain. Nous ne devons pas nous tromper sur la nature de ce qui se prépare à déchoir, il ne s’agit pas de l’humanité, mais de l’absence d’humanité, il ne s’agit pas de nos relations, mais de notre absence de collaboration, il ne s’agit pas de notre bien-être, mais de notre manque d’amour, il ne s’agit pas des nations et des identités, mais de l’esprit de prédation et de l’iniquité, il ne s’agit pas du confort, mais de notre manque d’harmonisation avec la nature.

La forme que cela prendra, je n’en sais rien. Quand cela arrivera, je n’en sais rien. Est-ce que ce sera terrible réellement, je n’en sais rien non plus. Combien de temps cela prendra, je n’en sais rien. Comment nous reconstruirons le monde, je n’en sais rien. Est-ce que je supporterai cela, je n’en sais rien non plus. Est-ce que je ferai partie de la reconstruction, je n’en sais rien. La seule chose que je sais, c’est que je me prépare à un changement radical en ancrant tous les jours un peu plus ma foi dans l’être humain, dans la vie, en moi-même. J’apprends à relativiser, à sourire, à être une belle personne, autant que faire se peut, non pas parce qu’il le faut, mais parce qu’il n’y a que deux choix possibles, se barricader dans l’ancien monde, ou sourire au nouveau monde.

J’espère de tout cœur que Pablo Servigne saura vous communiquer son sourire et son choix pour l’amour de la vie.

Exercez votre discernement. Ne prenez pas ce qui est écrit comme parole d'évangile. Interrogez-vous intérieurement pour ressentir ce que vous lisez. Avant de commenter cette page, vous êtes invité(e) à prendre connaissance de la ligne éditoriale dans les mentions légales.

Commentaire

L’effondrement de la civilisation… de l’ego ? — 23 commentaires

  1. Bonjour Tristan,
    Merci, tout d’abord, d’avoir partagé cette précieuse information. Pablo Servigne est un être exceptionnel et ses travaux le sont tout autant.
    En ce qui me concerne, je pense intimement que nous avons choisi d’être sur Terre pour vivre ce moment transitoire et assurer la suite avec empathie, amour, solidarité et douceur. Nous sommes de plus en plus nombreux à en avoir conscience. Restons confiants. Valérie.

  2. Comme disait mon grand-père:
    « chaque problème en son temps et quand il se présente… »
    Sommes-nous sûrs de vivre cela? et si un astéroïde ou météore était plus rapide que l’effondrement?
    Moi, je préfère vivre à 100%, confiante et sereine plutôt que « me faire des noeuds au cerveau »….enfin, c’est ma philosophie (de bon verseau).

  3. Bonjour Tristan, merci pour ton texte et pour cette video. À la suite du visionnage j’ai lu le livre de Marc Luyckx (également interviewé par Thinkerview). Le livre de ce monsieur est telechargeable gratuitement sur son site (logo pdf). Et ses mots donnent quand même un peu d’espoir dans ce contexte de collapsologie…Et puis à l’issu de tout ça je me suis mise sous la couette. Autant d’info à intégrer a réveillé une bonne grippe… À bientôt !

  4. Ceci dit,

    Ya rien de nouveau ni de spécial pour moi de Pratiquer la compassion et d’aimer tout court

    Seulement le malaise est dans quel environnement allons nous vivre , car déjà c’est pas facile …
    Disons que je ferai un choix d’un lieu où continuer mon chemin de vie , en lien avec tout ça.

    L’amour ,oui…
    Mais bien entouré c’est mieux…

    Je vois aussi le grand désordre dans la nature, les animaux qui manque de nourriture , tandis que y’en asqui en abusent, ça c’est triste, et inquiétant…
    J’en nourris moi même ,en longeant les parcs et rues …

    Bon…

    Comme on dirait en québécois,

    *I faut être faite fort * !!!

    Et se renforcir davantage

    Physiquement et mentalement

    Merci !

  5. Bonjour,

    J’ai bcp appréciée
    Le contenu de cette vidéo
    Conscience, douceur et intelligence.
    Sensualité même…
    Tout ce que la terre mère as besoin

    Synchronicité ,
    Juste avant de le visionner
    À la radio Canada , un entretien avec Frédéric Lenoir,qui justement nous recentre à l’importance de l’amour…

    Plus tard en soirée je lis ceci:

     » À la violence et aux peurs souvent diffusées par les médias, il faut opposer la connaissance,l’art,la beauté,la recherche du bien-être,de la paix et de l’amour. »

    Extrait du Livre
    L’Art de la Simplicité
    Chapitre 1

    Votre Écologie Intérieur

    De Dominique LOREAU

    Bonne continuation

  6. Dans nos inconscients, en dernier recours en cas de crise grave (plus profondément que de juste vouloir vivre heureux ou juste sauver sa peau à soi) nous avons des réflexes de survie de l’espèce (comme tous les autres animaux il me semble, et peut être même des espèces végétales je ne sais pas). C’est certain que le risque climatique réveille des choses…
    Amusant de penser la solidarité et l’empathie comme naturelle et constituant majeur de la nature humaine (et non civilisationnelle ou morale et nécessitant un effort). C’est dans les gênes, et les gênes, et bien c’est de l’inconscient (une partie de cette immensité qu’est l’inconscient).
    On a (et entre autres sans doute) notamment des outils spécifiques pour cela : les neurones miroirs (dit neurones de l’empathie).
    Je n’ai pas regardé le doc, je ne sais pas, peut être en est il question ds le doc aussi. Mais ma conclusion est que plus d’inconfort et moins de certitude sur notre pouvoir mental et intellectuel amène à aller chercher d’autres ressources humaines qu’on a déjà en nous, à les utiliser plus. Et que moins d’intellectualisation et de mentalisation permet à d’autres parties inconscientes de se mettre mieux en oeuvre, et dans l’inconscient (non contrôlé mentalement donc), il y a aussi de très belles choses. La vie est bien faite quoi.

    • Science et spiritualité ne sont plus très loin l’une de l’autre.
      De son côté, la prise de conscience écologique nous permet de penser ensemble le sens de la vie et la civilisation. C’est beau non ?

  7. Bof , l’apo-calypse signifie la révélation … oui ça n’est pas beau , oui ça va prendre du temps … soyons confiants …! avec sourire et non soupire …

  8. Bonsoir TRISTAN…
    Mercissssssss pour ce texte… magnifique déclaration… je m’en vais écouter la vidéo proposée… vous avez touché quelque chose qui sommeille en moi mais qui est là… bien là… pas bien loin…

  9. Bonjour Tristan,

    Une occasion pour moi de vous faire découvrir NASSRINE REZA. Pour tous ceux qui recherchent l’amour, pour tous ceux qui sont fatigués, malades, stressés, elles vous emmènent droit vers…. l’Amour de Soi. Elle remet à sa place le fonctionnement du corps, du mental et de l’émotionnel, vous propulsant directement dans un état d’accueil et « d’éveil ». Elle balaie les croyances d’un revers d’humour. Extraordinaire. La peur de ne pas être aimé, c’est ce qui sous-tend tout. Et c’est pourquoi les livres sur l’éveil ne suffisent pas. Le corps joue un rôle, le mental un autre, et l’émotionnel un autre.

  10. Nous partageons les mêmes valeurs humaines, merci pour ce partage, je crois et j’ai foi, je ne sais pas comment ni quand mais comme vous je ressens comme une vérité comme un état d’urgence, je ne sais pas si on y arrivera mais nous aurons fait de notre mieux, l’amour peut TOUT
    merci à vous et merci à tous pour nos échanges

  11. Merci beaucoup pour ce post et me faire découvrir Pablo Servigne. Cela raisonne au plus profond de moi. Et petit clin d’oeil à votre texte. Cela fait 2 jours que je dors, épuisée… après une prise de conscience énorme. Votre texte, cette vidéo, me donne « juste » encore plus envie de faire du mieux que je peux et de choisir la joie ! merci

  12. Bonjour Tristan,

    Une fois de plus un beau texte emprunt de justesse et d’humilité.

    Pour être très bref et vous faire partager mon sentiment en vous lisant, j’ai envie de dire que nous avons tous beaucoup, beaucoup à apprendre du lent et profond passage de Neptune au Poissons. Précisément par les temps actuels, nous avons par suite, beaucoup à apprendre de l’océan et de ses richesses, de l’espace et de ses lumières, de l’infini que tous, nous portons en nous. La dissolution est en cours, c’est certain. Quelle forme prend-elle ? Personne ne peut le savoir, comme vous le dites si justement, car Neptune n’a pas de forme ! Mon professeur rapprochait les valeurs neptuniennes de Poseïdon, bien sûr, mais aussi de Protée. Qui a formé le mot protéiforme.
    La dissolution peut prendre n’importe quelle forme, même celle du monstre le plus hideux. Nous ne pouvons plus, aujourd’hui, porter le moindre jugement sain et éclairé sur ce que nous voyons, entendons, percevons car le « nouveau » peut déjà être là, et porter un masques d’invisibilité.
    La seule chose que nous puissions entreprendre, chacun à son modeste niveau, c’est à chaque instant de traquer la « Division », en nous prioritairement, et la dissoudre dans l’Eau de notre bienveillance et de notre Amour. En cela, nous pouvons avancer dans cette brume parfois si nauséabonde ; en cela, nous laissons Neptune chuchoter son enseignement et nous en imprégner.
    Neptune nous apprend le lien indissoluble de tout au sein du Tout. Tout comme avec Pluton, nous ne pouvons pas lutter !
    Depuis 3 décennies, j’entends clamer dans les milieux « spirituels », que nous sommes entrés dans l’ère du Verseau. Je ne sais pas si c’est le cas, mais en tous les cas, nous ne sommes pas encore sortis de l’êre des Poissons, Neptune nous le rappelle dans son passage actuel dans sa demeure.
    Nous pourrions méditer longtemps sur ce minuscule symbole du fil qui relie les deux bouches des Poissons. Le LIEN.
    Ce lien qui nous unit, tous, nous rend perméables et nous transmet tant d’informations sur cet Autre, face à nous….
    Le regard que nous portons sur les choses, nous appartient, à 100%, pas moins. A nous de cultiver en nous-même la bienveillance, la paix, quoi qu’il arrive (c’est déjà un énorme travail, j’en sais quelque chose, croyez-moi !!). A nous d’aller dénicher le Beau, partout où il se trouve…et de le transmettre dès que nous le pouvons, exactement comme vous le faites, Tristan.
    Nous qui lisons vos papiers, vous en sommes reconnaissants.
    Et moi qui transmets l’astrologie, à mon humble niveau, je vous suis reconnaissant de la servir et la transmettre avec autant de délicatesse et de respect. Merci.
    Frédéric.

  13. Bonjour Tristan,
    je disais ce matin à mon mari que ce que je voulais dans ma vie c’est être une bonne personne, être sereine et en paix. Je ressens de plus en plus le besoin de sourire, d’être légère et enthousiaste. Vos mots font écho à mes sentiments.
    Merci pour tout et surtout pour votre bonté.

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