Compassion ou complaisance?

Un commentaire de Fanny sur l'article "responsabilité individuelle" a soulevé une question importante à laquelle je réponds par un article.

Fanny soulève le caractère intransigeant de cet article en soulignant que les victimes de mauvais traitements ont besoin de compassion et d'amour et pas seulement qu'on les renvoie à leur responsabilité dans ce qu'elles vivent.

Les victimes ont besoin de cet amour et de cette compassion. C'est plus que vrai. Est elle ont même besoin un moment de passer par la reconnaissance de leur état de victime, car souvent, nous vivons dans le déni de nos sévices en nous en rendant responsable. Ce sont des défenses d'enfant. Une étape de la guérison consiste à être entendu avec amour et compassion pour passer de la culpabilité à l'état de victime qui reconnait ce qu'elle a vécu et peut identifier une responsabilité dans ces tourments chez l'autre.

Mais cela ne suffira pas à guérir une victime tant que :
- elles ne passeront pas par le chemin de la reconnaissance de leur propre responsabilité dans ce qu'elles vivent,
- elles ne décideront pas d'abandonner leur statut de victime,
- elles ne décideront pas à demander réparation,
- elles ne renonceront pas à faire payer une partie de ce qu'elles attendent dans le processus de réparation.
Ces quatre points sont une même action qui peut prendre différentes formes. Je pourrais développer un processus qui les enchaîne logiquement ou les prendre séparément. Si vous voulez, je peux étayer longuement ce propos.

Pour le moment ce que je veux transmettre, c'est que l'on ne peut pas guérir quelqu'un malgré lui. Toutes les guérisons passent par le pardon, la compréhension de ce que nos propres blessures ont à nous enseigner et l'abandon des revendications personnelles avec une juste réparation.

Je vais prendre un cas, le mien pour ne pas spéculer sur des hypothèses. C'est un cas très léger comparé à des cas de profonde victimisation avec sévices corporels. Mais le mécanisme est le même que pour un cas plus aggravé.
J'ai été pendant 14 ans un cadre qui manageait un studio de conception et web design dans une entreprise. A la fin de mon contrat, j'ai été victime d'une mise au placard et d'un harcèlement moral assez violent qui a duré deux ans. On me retirait mes dossiers, m'écartait des décisions, ne me tenait plus au courant de rien, me harcelait pour m'humilier jusqu'à me forcer à aller faire une tournée auprès des autres cadres de l'entreprise pour que j'entende à quel point j'avais un comportement inadapté.
Au départ, il y a donc eu une situation totalement injuste, blessante et humiliante, dégradante, à laquelle je ne pouvais. Une autorité plus forte que moi et dont je dépendait jouait à m'écraser, à m'humilier, à me faire peur.

Cela n'avait aucun sens et cela me plongea dans un état de victime. J'ai été arrêté pour dépression nerveuse. J'ai accepté une forme de déchéance. Dans ce moment de ma vie, j'ai étais très entouré par des personnes pleine d'amour et de compassion qui m'ont profondément aidé par leur amour. Oui, on en a besoin de cette compassion et de cet amour quand on est victime et particulièrement au moment où l'on accepte la déchéance de son état, et de reconnaître ce que l'on vit. Cette acceptation est comme l'acceptation de la maladie. Elle est indispensable. C'est une étape nécessaire.

D'abord on refuse cette déchéance. Je me suis d'abord battu comme si de rien n'était avec des arguments d'employé. J'ai cherché à montré que j'étais un bon élément, j'ai offert mes services, chercher ma place. Mais j'étais face à un mur. Une autorité avait décider de m'écraser sans aucun lien avec ma réalité. C'était pour moi arbitraire, comme peut l'être le choix de battre un enfant. Ca lui tombe dessus. Ca m'était tombé dessus.

Quand j'ai accepté finalement qu'il n'y avait rien à faire et que j'étais victime de la situation, j'ai voulu faire reconnaître les torts de mon encadrement, j'étais en colère et je criais à l'injustice. J'ai commencé à monter un dossier avec deux avocates, je revendiquais, je me défendais. Mais le mur était sourd.

L'arrêt maladie a été le point de départ du processus de guérison. Je devais accepter que j'étais impuissant et malade. C'est là que la première conscience de ma responsabilité individuelle intervenait. Prendre conscience que l'on est malade, c'est prendre conscience que l'on a poussé à bout la machine jusqu'à ce qu'elle casse, qu'on a choisi cette option parce qu'on y tenait. J'aurais pu, si j'avais vraiment eu envie, poursuivre ma carrière dans une autre entreprise. J'ai à peine envisagé cette option préférant essayer de sauver ma tête pour sauver mon entreprise, sachant que, de toute façon la direction prenait des décisions stupides qui la mènerait dans le mur. Peut être que je m'accrochais avec l'espoir idiot qu'on m'écouterait et que je pouvais participer à restaurer cette entreprise qui se détruisait de l'intérieur. Voilà une chose à laquelle je tenais, un choix personnel auquel je pouvais renoncer plus tôt et qui m'aurait évité la maladie. Tomber malade, accepter la déchéance de mes capacités est une première étape de prise en compte de ma responsabilité.

Pour un enfant qui subit des sévices, ou la pauvreté ou le racisme ou l'humiliation en tant qu'enfant, il doit attendre d'être adulte cve qui est interminablement long pour pouvoir décider de changer, pour ce rendre compte qu'il peut faire d'autre choix que celui auquel il s'accroche. Et pour cela, il doit accepter qu'il ne peut pas revenir sur le passé.

Dans mon histoire, j'ai du ensuite accepter que je ne pouvais rien faire. Que je n'avais rien à faire. Que ma responsabilité individuelle était de me détacher complètement de tout désir de reconnaissance. Que le cancer de cette entreprise n'était pas le mien et que je devais renoncer à mon besoin de reconnaissance en même temps que je devais abandonner mon statut de victime. Je ne restais une victime que si je gardais en moi l'orgueilleuse prétention que je pouvais / devais aider cette entreprise à aller mieux.
Une fois que j'ai complètement lâché l'affaire, que j'ai compris que je n'avais rien à faire dans cet endroit, que c'était du passé, c'est l'entreprise qui est venu vers moi pour me proposer un départ.
J'ai du à ce moment là travailler sur la valeur du préjudice. Donner un prix. C'est l'ultime étape qui permet d'abandonner son état de victime. Dans ce moment là, emporté par la colère, beaucoup de gens essuient un échec ou arrêtent le processus de guérison en renonçant à faire une concession dans la négociation. Que ce soit en justice ou à l'amiable, que ce soit sur un plan financier, moral ou autre, aucun conflit ne peut se résoudre sans un échange, une négociation financière, ou la reconnaissance de quelque chose. Il faut pour qu'il y ait guérison une réparation. Et souvent, sur le point d'obtenir leur réparation, les victimes demandes plus, trop et passe du besoin de réparation au besoin de vengeance. On ne répare pas un tort en en créant un autre.

Beaucoup lorsque la négociation ou la confrontation commence, ont peur de demander et après ils demandent trop. On ne veut plus rien concéder. Cette énergie est une énergie de colère, de vengeance, pas de résolution.

Lorsque que l'on a été victime, on a une part de responsabilité dans la situation, la situation est là pour nous enseigner quelque chose, et il faut accepter de payer le prix de cet enseignement. On ne sort d'un conflit qu'en acceptant de renoncer à une part de revendication, aussi légitime soit-elle. Le refus de ce renoncement maintient et endurcit le conflit. c'est ce que nous observons depuis des années au Moyen Orient.

Finalement, j'ai obtenu réparation en renonçant à une part de mon exigence initiale. Aujourd'hui, je ne me considère plus comme une victime, pas plus que comme un vainqueur. J'avais plusieurs leçons de vie à apprendre de cette expérience. Renoncer à vouloir servir des maîtres qui ne voulaient pas de mon aide et qui servaient des buts idiots (je m'obstinais à donner mon énergie et le meilleur de moi-même à des personnes qui ne partageaient ni mes valeurs, ni mon engagement), renoncer à la lutte armée et trouver une voie pacifique (j'ai du abandonner tout conflit et tractation avec des avocats pour me présenter seul devant mon employeur lors de la négociation), renoncer au confort du salariat et découvrir ma valeur (finalement quitter l'entreprise me permettait de changer de vie pour recommencer une vie professionnelle construite sur mes bases et non celles des autres). J'ai eu besoin pour toutes ces leçons, de passer par toutes ces expériences et toutes cette dureté sur moi-même pour vivre cette leçon.

Mais j'aurais pu renoncer à ces leçons de vie à mainte reprise et rester dans mon état de victime. Et là, je le sais pour l'avoir vécu sur moi-même, pour avoir hésité, régressé dans chacun de ces moments, puis repris le chemin de ma vie, je sais que la complaisance avec le statut de victime, les dramatisations excessives de la douleur, les exigences intransigeantes qui ferment la portes aux négociations réparatrices, ne sont plus des états qu'il est juste de ruminer ni d'entretenir.

Ce sont des états de refus plus ou moins conscients de continuer de se libérer d'un état de victime par peur de ne plus être l'objet d'une attention de la part des autres, de ne plus avoir de raison d'attirer de l'amour à soi, de ne plus avoir de raison d'être...
Le manque de confiance dans la vie nous fait renoncer au côté lumineux de notre être, pour nous complaire dans la partie sombre qui se complait dans sa peine et sa douleur.

Il est nécessaire d'être aidé dans ces étapes de vie. J'ai été largement aidé et cet aide n'était pas une complaisance.

Souvent on confond compassion et complaisance. La compassion est l'acceptation totale de l'existence de quelqu'un dans son état, sans jugement de valeur quelque soit ses actes, ces choix et ses décisions. La compassion à l'égard des victimes est indispensable, vitale. C'est le premier miroir de leur être qui leur montre que si quelqu'un les accepte comme elles sont, humiliées, souillées, dégradées par la vie, elles peuvent aussi accepter elle-même leur état. La compassion est une aide profonde à la guérison.

La compassion, en acceptant sans condition l'état d'un être lui permet de se reconnaître dans son état maladif et plus tard de se reconnaitre dans sa responsabilité individuelle sans se juger lui-même.

La complaisance c'est autre chose. La complaisance n'invite pas à se reconnaître soi. La complaisance reconnaît la souffrance et la douleur.
Les thérapeutes et les thérapies complaisantes tournent en rond autour de la reconnaissance de la douleur, de l'existence de la douleur, du vécu de la souffrance. Au bout d'un moment, la blessure, la douleur, la souffrance... deviennent des entités plus puissantes que l'être qui ne se sent plus le courage de les dépasser et de les abandonner.

La complaisance vis à vis d'un malade ou d'une personne qui souffre consiste à se plaindre ensemble de la souffrance.
La compassion consiste à se reconnaître en tant qu'être dans un droit inaliénable d'exister quelque soit l'existence que l'on a vécu.

La complaisance renforce la souffrance.
La compassion renforce l'être.

La frontière entre compassion et complaisance est très fine. Quelque fois notre empathie nous fait prendre l'un pour l'autre. On devient sans s'en rendre compte complaisant quand on sent trop de souffrance. Revenir à un état de compassion et refuser sans dureté et avec amour la complaisance... wahouuu !!! c'est extrêmement difficile!

Je sais que je me suis souvent planté et que j'ai souvent était inutilement dur ou cassant quand on venait chercher chez moi de la complaisance à l'excès.

Finalement, c'est vrai, Fanny a raison dans son commentaire, il y a un peu d'intransigeance en moi quand je sens ce besoin de complaisance et le refus d'entrer dans sa responsabilité individuelle.

J'ai choisi de consacrer une partie de ma vie à aider ceux qui le veulent à entrer dans leur responsabilité individuelle pour se libérer de leurs états de victimes, obtenir réparation, comprendre le sens des événements de leur vie. Il serait plus juste de transformer cette intransigeance en une plus profonde compassion pour tous les êtres qui souffrent et qui choisissent de prolonger cette expérience.

Merci Fanny pour cette belle leçon.

Elle nous éloigne un peu de l'astrologie, mais en fait j'utilise l'astrologie pour mieux comprendre l'être humain et mieux l'aider à accepter, traverser et aimer son expérience. Je ne suis pas un magicien avec une boule de cristal qui peut vous prédire votre avenir. Mes prévisions sont météorologiques. Je donne la tendance de la météo de l'énergie des astres. Et lorsque j'accompagne avec l'étude d'un thème de naissance, je cherche à donner un sens, comprendre la leçon.

Je n'ai jamais ressenti de l'effroi devant un thème de naissance "difficile". Souvent des consultant me disent, "il est effroyable mon thème". Ca ne me fait jamais écho, je ris souvent. Pour moi c'est comme si on me disait que l'Himalaya était plus moche que les alpes parce que ces sommets sont plus dangereux. Pour moi tous les thèmes sont beaux, parce que toutes les expériences humaines ont une raison d'être qui en fait leur beauté.

Exercez votre discernement. Ne prenez pas ce qui est écrit comme parole d'évangile. Interrogez-vous intérieurement pour ressentir ce que vous lisez. Avant de commenter cette page, vous êtes invité(e) à prendre connaissance de la ligne éditoriale dans les mentions légales.

Commentaire

Compassion ou complaisance? — 16 commentaires

  1. Pour moi c’est relatif, la notion de réparation financière. pour ma part, l’état de « victime » a bien été reconnue par la Justice, mais la réparation était ridicule : 1000 euros contre des années de thérapies, la bonne blague ! lol J’ai appris que la Justice n’est pas humaine, elle est au-delà de tout cela. Si il ne m’était pas arrivé tout ce qui m’est arrivé dans ma vie de difficile, je ne serais pas qui je suis aujourd’hui, et je ne connaîtrais pas autant la complexité de l’être humain, comment évoluer dans ces différentes facettes. La réparation, dans mon cas, je ne pouvais pas l’attendre de l’agresseur pervers et malade. J’ai compris que c’était la Vie qui allait me la donner, j’ai compris que cette réparation, c’est moi qui allait me la donner, même si cela devait être le chemin de toute une vie.

  2. Bonjour Tristan et merci pour ce texte,

    Cet article me parle ééénooormément!
    Quand les sévices et les humiliations quotidiennes datent de la petite enfance, c’est toute la construction de la personnalité qui en est affecté. Ils génèrent dévalorisation, culpabilité, masochisme, j’en passe et des meilleurs. Et aussi tous les mécanismes de survie qui vont venir se greffer là-dessus. Et tellement de ces choses sont gravées dans l’inconscient. Les bourreaux sont les parents, on y est attaché malgré tout ce qu’ils ont fait et même avec une tendance à vouloir les protéger.
    La reconstruction est un parcours du combattant.
    Tu en décris bien les différents passages.
    Au début, surtout dans un milieu où le déni est de mise, il est très important d’avoir une écoute, quelqu’un qui nous croit.
    Je ne dirait pas complaisance ni compassion, je suis trop fière pour rechercher cela, bien que pour quelqu’un d’extérieur cela peut y ressembler.
    Et il y a des moments où le « travail » est complexe. Une compréhension intellectuelle des problèmes à résoudre et une incapacité à lâcher le truc, ou pire encore le voir ressurgir alors que l‘on croyait l‘avoir réglé.
    Le seul point où je m’interroge, c’est quand tu parles que le processus de guérison ne peut se faire si la victime ne se décide pas à demander réparation.
    En face, j’ai affaire à des personnes dans le déni complet, alors moi je renonce. Je demande juste maintenant que l’on me laisse en paix, et encore j’ai beaucoup de mal, la culpabilité revient.
    Et pour en revenir au sujet de ton site, 2009 a été pour moi, alors que je croyais l’avoir à peu près géré, le réveil d’une situation familiale intenable et à laquelle je n’ai eu d’autres choix que de m’y coller. Aves tous les paramètres de ce que j’avais programmé pour survivre qui vont avec.
    C’est une reconstruction qui m’est demandé. Merci Pluton!!!
    Ce qui m’inquiète c’est qu’il va rester dans le capricorne jusqu’en 2023.
    Je sens que j’avance. Mais c’est dur, dur!! Encore 10 ans avec des chamboulements comme cela et je demanderai pitié! A genoux!

    • Françoise,
      Ca me fait plaisir que tu écrives ce commentaire. Pour répondre à ton questionnement, je ne suis sûr de rien d’abord. Et pour approfondir, je dirais qu’il y a certainement des cas où on n’a pas trop les moyens d’obtenir réparation… comme on l’attendrait. Souvent on met des attente de réparation, on se met dans une attente d’être reconnu, aimé, réparé de nos blessures anciennes. Et cela ne marche jamais. On n’est pas réparé et on n’obtient pas réparation parce qu’on à mis une attente de réparation.

      Ce qui compte, c’est la démarche que l’on fait pour restaurer sa dignité. Ce qui compte c’est d’exprimer son indignation, de dire, ce que ce que l’on a subi n’était pas juste, pas acceptable. Et de le dire en trouvant plus important sa propre dignité que ce que l’autre pensera de notre indignation. Cette réparation elle se passe avec l’autre mais d’abord à l’intérieur de soi. C’est pourquoi il est important de ne rien en attendre.

  3. Merci Tristan d’avoir permis d’échanger sur ce sujet et votre exemple permet de comprendre justement par l’exemple, c’est tellement mieux que de palabrer dans le vide; c’est plus compréhensible. Je voudrais toutefois ajouter que le pardon est un processus. Il faut d’abord pouvoir identifier le problème, l’accepter, pour ensuite le transformer et c’est là, pour moi, que le pardon peut intervenir. S’il intervient trop tôt, c’est souvent le mental qui dit qu’il faut que … mais le coeur n’y est pas totalement. Je pense que c ela se fait naturellement. J’ai eu aussi des évènements très douloureux étant enfant, avec beaucoup de colères, et je n’aurais pas accepté à cet âge qu’on me dise que j’étais responsable que ma mère me batte, j’avais plutôt envie qu’elle disparaisse. Mais quand à l’âge adulte, j’ai pu faire une thérapie, pas très longue d’ailleurs, j’ai compris beaucoup de choses, sa vie, sa situation, j’ai accepté et je sais que je n’aurais pas eu envie de vivre sa vie, le pardon est venu tout naturellement. Cela ne veut pas dire que j’excuse ses actes, mais que si j’avais été à sa place, personne ne peut dire comment je me serais comportée. Je suis moi-même astrologue et thérapeute EFT, accompagner des personnes en souffrance est pour moi le plus beau des accompagnements avec l’accompagnement à la naissance, là aussi c’est l’occasion d’une nouvelle naissance. Mais je fais attention à ne pas brusquer les personnes en souffrance en leur disant qu’elles sont responsables de ce qu’elles vivent, chaque cas est particulier, prendre son temps en thérapie est nécessaire.

    • Marie-Ange,
      Je suis bien d’accord avec vous. Je le dis dans cet article les victimes ont d’abord besoin qu’on reconnaisse cet état de victime. Je n’ai pas étendu cet partie du sujet, mais ce temps de reconnaissance peut durer des années, il dépasse l’enfance, il faut être un adulte qui a fait un profond travail sur soi pour dépasser cela. Bien évidemment, tout cela prend du temps, et rien n’est à brusquer dans cet accompagnement et ce temps qui fait mûrir.
      Dans votre cas, comme dans celui de n’importe qui d’autre, je ne dirais jamais à quelqu’un qu’il est responsable d’avoir été battu par sa mère. Cela inverse la responsabilité et crée de la culpabilité. Personne n’est responsable des sévices qu’un autre lui a fait subir. C’est très subtil. On est responsable de soi. Les mauvais actes des autres sont leur responsabilité.
      On est responsable d’être dans une situation donnée. Soit par choix d’âme, inconscient pour vivre une leçon de vie dont on n’a pas conscience ou une expérience qui va nous former d’une certaine manière qui soit utile à notre chemin de vie (ce qui est très difficile à voir et reconnaitre), soit quand on est adulte, parce que nous attirons à nous par notre énergie et nos pensées des événéments ou des personnes. Mais on ne porte jamais la responsabilité des mauvais traitements qu’on subit de quique ce soit. Ce sujet est d’une extrême délicatesse. Il est très difficile d’apporter la parole juste qui fera comprendre la responsabilité sans la culpabilité. Il faut être prêt, vouloir l’entendre, et être ouvert à une connaissance de la vie assez singulière. Je ne dis pas que c’est le chemin de tout le monde, loin de là. J’ai la chance avec une conjonction Soleil/Saturne dans mon thème d’avoir été extrêmement sensibilisé à cela.
      Ce que vous dites sur le pardon est vrai aussi, le pardon vient naturellement ou pas. Le forcer comme on force des aveux n’a pas grande valeur.
      Merci à vous,
      A bientôt.

  4. Bonjour Tristan, je me rends compte que j’ai pu vous blesser par mon terme « intransigent », je le regrette profondément, j’ai réagis émotionnellement à « la responsabilité de la victime », c’est ma réaction qui est intransigente et stupide d’autant plus que je partage votre perception de la victimisation, en sortir c’est d’abord de la responsabilité de la personne, vous le dites justement, on ne peut aider que la personne qui le souhaite, et l’astrologie prend tout son sens dans l’accompagnement qui rend à la personne sa vraie autonomie, avec humanité mais sans complaisance.
    encore une fois pardon et merci pour tous vos articles.

    • Bonjour Fanny,
      Vous n’avez pas à vous excuser, votre remarque ne m’as pas offensé mais fait réfléchir. Votre commentaire était mesuré, posé, sans agressivité. Mes remerciement sont sincères, vous m’avez aidé à approfondir le sujet. Il arrive que certaines personnes s’expriment sans délicatesse ni douceur et dans ces cas, je réponds rarement sur le fond comme je l’ai fait. Une des règles que je fait respecter sur ce site est :
      – toutes les opinions sont accueillies
      – dans le respect de l’opinion de chacun
      Je tiens à ce que l’on se sente ici en sécurité dans l’expression de ces opinions, conviction et croyance… Il m’arrive, mais très rarement, de censurer les propos agressifs, polémiques, blessants, irrespectueux…
      Pour le reste, on n’éclaire pas une statut antique d’un seul côté, il faut plusieurs points de lumière. L’astrologie en a besoin, notre compréhension de la vie en a besoin.
      Encore merci de votre participation Fanny

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