Aujourd’hui je vous relaie un texte écrit par Marc Brun avec une réflexion sur l’Épiphanie et les Rois mages. Il y lance une idée intéressante avec toute sa fougue joyeuse et volontaire de président de la FDAF.
Je profite de ce post pour vous informer que je donne une conférence atelier sur les maisons astrologiques et les 12 étapes du cycle de la vie ce jeudi 8 janvier à 20h en visioconférence avec la FDAF (les infos sont après le texte de Marc Brun).
Sans plus attendre voici le texte en vous souhaitant à toutes et tous une bonne année 2026 bien éclairée par le ciel, et une très bonne Épiphanie !
« Aujourd’hui, c’est l’Épiphanie. Dans nos familles, c’est la galette, la fève… et « les Rois mages ». Mais derrière le folklore, il y a une idée puissante que nous, astrologues, avons toutes les raisons de revendiquer : cette fête raconte l’histoire des astrologues.
Dans le récit évangélique, ils ne sont d’ailleurs pas d’abord des « rois » : le texte parle de Mages, des magoi venus « d’Orient », guidés par une étoile jusqu’à Bethléem.
Leur “titre” de rois est une construction plus tardive, née de traditions et de lectures symboliques. Ce qui demeure, en revanche, c’est leur fonction : ils lisent un signe céleste, se mettent en route et donnent sens.
Or, historiquement, le mot Mages renvoie à une classe de prêtres et savants du monde ancien, associés à la connaissance, aux rites et au rapport au sacré.
Et dans l’Antiquité, on ne séparait pas “proprement” l’astronomie de l’astrologie : observer le ciel, repérer des cycles, interpréter une configuration, c’était un même geste intellectuel, au carrefour de la science, de la philosophie et du symbolique.
C’est exactement pour cela que l’Épiphanie est, à mes yeux, la fête la plus naturelle pour devenir aussi la Journée des Astrologues.
Tout comme l’Epiphanie célèbre un sens qui se révèle, lorsque nous travaillons un thème, nous cherchons du sens, de la cohérence, une lecture du temps, une mise en perspective. Nous n’inventons pas le réel : nous l’éclairons. Nous ne remplaçons ni la foi, ni la science, ni la psychologie mais nous offrons une grille de compréhension symbolique, structurée, héritée d’une longue histoire culturelle.
Parce que les “Rois mages” sont les ancêtres symboliques de notre métier.
On peut discuter sans fin de l’explication astronomique de “l’étoile” (conjonction, comète, phénomène rare, lecture astrologique, etc.). L’important, pour notre démarche, est ailleurs : le récit met au premier plan des hommes qui savent regarder le ciel et qui, à partir de là, agissent avec discernement.
Autrement dit : ce ne sont pas des devins de foire. Ce sont des spécialistes du ciel, des “professionnels du sens”, reconnus au point qu’une tradition populaire les a couronnés “rois”. J’aime cette idée : pas rois par pouvoir, rois par excellence. Rois parce qu’ils sont “les meilleurs du moment” dans leur art. Et, symboliquement, cela nous oblige : si nous revendiquons cette filiation, alors nous revendiquons aussi l’exigence, l’éthique, la rigueur.
Parce que c’est une occasion annuelle, simple et joyeuse, de parler d’astrologie autrement.
Si je propose de faire de l’Épiphanie la Journée des Astrologues, ce n’est pas pour “récupérer” une fête religieuse, ni pour provoquer qui que ce soit. C’est pour replacer l’Astrologie dans sa dignité culturelle, au bon endroit : dans l’histoire des savoirs, des symboles et des pratiques humaines.
À la FDAF, notre objet est précisément de promouvoir une image sérieuse et cohérente de l’Astrologie, d’informer le public sur le rôle de l’astrologue et d’éviter les amalgames avec la voyance.
L’Épiphanie est une porte d’entrée idéale : tout le monde connaît, tout le monde partage et la conversation peut s’ouvrir calmement sur ce que sont (et ne sont pas) nos pratiques.
Ce que je propose, concrètement, c’est que chaque année, en plus de la journée de l’Astrologie au solstice de printemps, à l’Épiphanie (le 6 janvier ou le dimanche où elle est célébrée selon les usages), nous assumions publiquement un message commun : “Journée des Astrologues – sous le signe des Mages, lecteurs du ciel”, une action pédagogique : une courte conférence, une webconférence, un texte, une tribune, une FAQ “Astrologie ? Voyance”, une mise en avant de la déontologie, un geste convivial : la galette devient notre symbole léger et accessible avec une fève astrologique qui circule et relie, une invitation : ouvrir un espace de dialogue respectueux avec le public, les médias, les institutions culturelles.
En somme, je veux que l’Épiphanie soit aussi, pour nous, la fête de ceux qui lisent le ciel sans le confisquer, de ceux qui cherchent à éclairer sans manipuler, de ceux qui transmettent un héritage vivant.
Alors oui : revendiquons cette journée. Non pas contre quelqu’un, mais pour quelque chose : pour la reconnaissance d’une tradition, pour la qualité de nos pratiques, pour une astrologie adulte, responsable et pleinement consciente de ce qu’elle représente.
Et si l’on nous demande pourquoi l’Épiphanie ? Répondons simplement : parce que ce jour-là, depuis des siècles, on se souvient que regarder le ciel pour aider l’homme à marcher dans la bonne direction.
Bien cordialement
Marc BRUN
La conférence atelier du 8 janvier à 20h
• Tarifs
Adhérent : prix libre (replay gratuit sur demande)
Non-adhérent : 10 € ou 15 € avec le replay
Image par Angeles Balaguer de Pixabay
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